Portrait éditorial de Bernard Fouquet, accompagnateur en préparation au mariage catholique, souriant devant une bibliothèque

Mariage chrétien et vie de couple selon l'Évangile : entretien avec un accompagnateur conjugal catholique

Portrait éditorial — synthèse d'entretiens. Quarante ans d'accompagnement de couples en préparation au mariage catholique : Bernard Fouquet a vu passer des milliers de fiancés, traversé avec eux des doutes, des joies et des crises. Il nous partage ici sa vision du mariage chrétien, des livres qui l'éclairent et des défis contemporains auxquels font face les couples engagés dans la foi.

Bernard Fouquet, accompagnateur en préparation au mariage catholique
Bernard Fouquet
Accompagnateur en préparation au mariage catholique depuis 40 ans, formateur en pastorale familiale (fictif — portrait éditorial). Auteur de plusieurs retraites pour couples en difficulté.

Bernard Fouquet a consacré sa vie professionnelle à l'accompagnement des couples. Après une carrière dans l'enseignement, il s'est formé à la théologie du corps et à l'accompagnement conjugal. Avec son épouse Hélène, ils accompagnent chaque année des dizaines de couples en préparation au mariage, dans le cadre de leur service diocésain de pastorale familiale. Ils ont également développé des sessions pour les couples en crise et les familles reconstituées. Vous trouverez sur notre site un guide complet des livres sur le mariage chrétien qui recense les ouvrages mentionnés dans cet entretien et bien d'autres.

Pourquoi préparer son mariage à l'Église va bien au-delà d'une démarche administrative ?

Marie-Laure Tessier : Bernard, beaucoup de couples vivent la préparation au mariage comme une formalité à remplir. Comment leur faire comprendre qu'elle peut être une vraie démarche spirituelle ?
Bernard Fouquet : Vous avez raison, c'est souvent l'impression de départ. Les couples arrivent à la première rencontre un peu sur la défensive : « Combien de temps ça dure ? », « Faut-il y aller combien de fois ? », « On n'est pas très pratiquants... » Comme si c'était une sorte de permis de conduire à passer pour avoir le droit d'utiliser l'église pour le beau jour des photos. Ce que nous essayons de faire dès la première rencontre, c'est de leur retourner la perspective : la préparation n'est pas pour l'Église, elle est pour eux. Elle leur offre un espace rare dans nos vies surchargées — un espace où il est possible de parler en profondeur de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils espèrent, de ce qu'ils craignent dans cet engagement. Sans le téléphone, sans les enfants, sans les parents qui attendent les faire-part. Et presque immanquablement, quelque chose se passe. Pas toujours spectaculaire — souvent discret. Mais les couples ressortent des rencontres en ayant dit des choses qu'ils ne se seraient pas dites autrement. C'est déjà beaucoup.

Les livres incontournables que vous recommandez aux fiancés

Marie-Laure Tessier : Vous recommandez des lectures aux fiancés. Quels livres leur conseillez-vous systématiquement ?
Bernard Fouquet : Je commence toujours par leur demander ce qu'ils ont déjà lu — certains couples sont très bien documentés, d'autres n'ont jamais ouvert un livre de spiritualité de leur vie. Le point de départ est donc variable. Mais s'il fallait choisir trois livres, les voici. D'abord Pour la vie de Denis Sonet — un classique indépassable, clair, chaleureux, pratique, avec des questions de réflexion que les couples peuvent partager. C'est souvent le livre que je donne aux couples les moins pratiquants comme point d'entrée. Ensuite, pour ceux qui veulent comprendre le sens profond du sacrement, Le Mystère de l'amour conjugal de Paul Évdokimov. C'est un théologien orthodoxe, ce qui peut surprendre, mais sa vision du mariage comme voie de sanctification et son développement sur la complémentarité des « deux sacerdoces » conjugaux sont parmi les plus beaux textes que j'aie lus sur le mariage chrétien. Je l'offre régulièrement à des couples catholiques qui en ressortent transformés. Troisièmement, pour les couples qui entrent dans la vie conjugale avec des blessures passées, La guérison des blessures du cœur de Christophe Fontineau. Ce n'est pas exclusivement un livre sur le mariage, mais c'est un livre sur comment on devient disponible à l'amour de l'autre quand on a souffert. Notre sélection des 15 livres essentiels pour préparer son mariage chrétien complète utilement cette liste, avec des niveaux de lecture et des indications selon la tradition confessionnelle.

La complémentarité des lectures catholiques et orthodoxes sur le mariage

Marie-Laure Tessier : Vous citez souvent des auteurs orthodoxes — Évdokimov, Schmemann... Pourquoi aller chercher dans la tradition orthodoxe pour des couples qui se marient à l'Église catholique ?
Bernard Fouquet : Parce que les deux traditions partagent les mêmes fondements — les Écritures, les Pères de l'Église, les sept sacrements — mais ont développé des approches complémentaires qui s'enrichissent mutuellement. La tradition catholique occidentale a approfondi, notamment depuis Vatican II et Jean-Paul II, une réflexion très fine sur la personne, la liberté, le consentement et la dignité du corps. La Théologie du corps de Jean-Paul II est un texte révolutionnaire sur la signification sponsale du corps humain, qui a renouvelé profondément la catéchèse sur le mariage. La tradition orthodoxe a gardé une vision du mariage qui m'émeut profondément : le mariage comme vocation à la sainteté à deux, comme chemin de déification mutuelle. Évdokimov parle des époux comme de « prêtres l'un pour l'autre » — c'est une image extraordinaire qui dit quelque chose que les approches plus institutionnelles ou juridiques du mariage ne disent pas. Ces deux approches ne sont pas contradictoires — elles sont complémentaires. La richesse œcuménique ne se vit pas seulement dans les relations entre Églises mais dans la lecture croisée des traditions. Je suis convaincu que les chrétiens d'Occident ont beaucoup à apprendre des chrétiens d'Orient sur le mariage, et vice versa. La vie de couple et de famille chrétienne dans notre sélection de guides reprend cette perspective croisée avec plusieurs auteurs des deux traditions.

Les difficultés que les couples rencontrent dans leur vie spirituelle commune

Marie-Laure Tessier : Après quarante ans d'accompagnement, quelles sont les principales difficultés que vous observez dans la vie spirituelle des couples chrétiens ?
Bernard Fouquet : La première, et de loin, c'est la désynchronisation spirituelle. L'un des deux grandit, évolue, s'approfondit dans la foi, pendant que l'autre stagne ou recule. Ce n'est pas une faute — c'est simplement que chacun a son propre rythme de croissance. Mais si ce déséquilibre n'est pas nommé et géré, il devient source de frustration, voire de mépris mutuel. La deuxième difficulté est la prière commune. Beaucoup de couples ont du mal à prier ensemble — c'est une intimité encore plus exposée que l'intimité physique. C'est embarrassant, ça met à nu. Nous recommandons souvent de commencer très simplement : un Notre Père ensemble avant le dîner, une bougie allumée devant une icône le soir. La prière commune n'a pas besoin d'être longue ou élaborée ; elle doit d'abord être régulière. La troisième difficulté est le rapport au pardon. Le mariage, c'est vivre avec quelqu'un assez longtemps pour qu'il vous blesse vraiment. Et là, la foi chrétienne offre quelque chose de radical : non seulement la possibilité de pardonner, mais l'exigence du pardon. Ce n'est pas naturel — c'est surnaturel. Et les couples qui le découvrent peuvent traverser des choses que d'autres, sans cette ressource, ne traverseraient pas.
Couple lisant ensemble une Bible ou un livre de prière dans un moment de partage spirituel

Foi et sexualité : comment aborder ce sujet avec des livres chrétiens ?

Marie-Laure Tessier : La sexualité est souvent un sujet tabou dans les préparations au mariage. Comment les livres chrétiens l'abordent-ils ?
Bernard Fouquet : Pendant longtemps, c'était effectivement un sujet peu traité, ou traité d'une manière qui générait culpabilité et inhibition. Les choses ont beaucoup changé depuis Jean-Paul II. La Théologie du corps de Jean-Paul II, popularisée par Christopher West dans La Théologie du corps pour les débutants, offre une vision positive, joyeuse et profonde de la sexualité humaine : le corps n'est pas une prison de l'âme mais le lieu même où l'amour de Dieu se révèle dans la relation entre l'homme et la femme. C'est une vision bouleversante pour des couples qui ont reçu une catéchèse plus restrictive ou plus culpabilisante. Dans la tradition orthodoxe, les textes d'Alexandre Schmemann sur le mariage, et plus récemment les travaux de Jean-Claude Larchet sur la corporéité, offrent une perspective similaire : le corps est bon, la sexualité conjugale est une participation au mystère de l'amour divin. Ce que j'apprends régulièrement des couples, c'est que cette vision chrétienne positive de la sexualité — loin des caricatures — est souvent une vraie révélation. Plusieurs couples me disent : « Si on nous avait dit ça avant, on aurait fait le lien entre la foi et notre vie intime bien plus tôt. »

Quand la foi de l'un est plus forte que celle de l'autre dans le couple

Marie-Laure Tessier : Une situation très fréquente : l'un des deux est croyant pratiquant, l'autre est agnostique ou tiède. Comment aborder ce défi dans la préparation et dans la vie conjugale ?
Bernard Fouquet : C'est effectivement une configuration que nous rencontrons dans une majorité des couples aujourd'hui. Et j'ai vu des situations très diverses : des couples où la foi de l'un finit par attirer l'autre ; des couples où la différence reste stable mais respectée et féconde ; et des couples où la différence religieuse devient un facteur de conflit chronique. Ce qui fait la différence, à mon sens, c'est la qualité du respect mutuel sur les questions de foi. Un croyant qui cherche à convaincre son conjoint, qui le juge ou qui le fait culpabiliser de ne pas pratiquer, provoque généralement l'effet inverse de celui escompté. En revanche, un croyant dont la foi est visible dans sa manière d'être — sa patience, sa générosité, sa capacité de pardon, sa paix intérieure — est le meilleur missionnaire qui soit. Saint Paul le disait déjà dans la première lettre aux Corinthiens : « Le mari non-croyant est sanctifié par la femme croyante. » Ce texte n'encourage pas au prosélytisme conjugal — il dit simplement que la foi d'un seul rayonne sur le foyer entier. Des livres comme Aimer en vérité de Martin Steffens ou Les cinq langages de l'amour de Gary Chapman (pas un auteur catholique, mais très utilisé dans les groupes paroissiaux) peuvent aider les couples à trouver un langage commun sur l'amour, même quand le langage de la foi n'est pas partagé.

Les couples interconfessionnels : catholique + orthodoxe, catholique + protestant

Marie-Laure Tessier : Les mariages interconfessionnels sont en augmentation. Quelles spécificités présentent-ils du point de vue de l'accompagnement ?
Bernard Fouquet : Ils présentent des richesses et des défis particuliers. Les richesses sont réelles : un couple formé d'un catholique et d'un orthodoxe, s'il navigue bien ses différences, peut vivre une foi très vivante et très large, nourrie de deux traditions complémentaires. Les défis sont pratiques autant que théologiques. La question de la communion eucharistique est souvent la plus douloureuse : les deux conjoints ne peuvent pas communier ensemble dans les deux Églises, ce qui signifie que lors des mariages, des baptêmes ou des enterrements où les deux familles sont présentes, l'un ou l'autre se retrouve nécessairement à ne pas communier. C'est vécu comme une blessure réelle. La question du baptême des enfants est une autre source potentielle de tension : quelle Église, quel rite, quel prénom de saint ? Ici, l'accord préalable est essentiel — la préparation au mariage offre l'espace idéal pour en parler avant que la question ne devienne urgente. Je recommande aux couples interconfessionnels de lire les textes œcuméniques sur le mariage — notamment les documents conjoints catholiques-orthodoxes et catholiques-luthériens sur le mariage. Ces textes montrent à la fois la profonde convergence et les divergences réelles, et ils permettent de nommer honnêtement ce qui unit et ce qui sépare.

Lire ensemble : comment créer une pratique biblique en couple ?

Marie-Laure Tessier : Vous recommandez aux couples de lire ensemble. Mais comment instaurer cette pratique quand l'un des deux n'est pas lecteur ?
Bernard Fouquet : C'est la question pratique que les couples nous posent le plus souvent. Et la réponse la plus honnête est : commencez petit. Très petit. Ridiculement petit. Une phrase de l'Évangile du dimanche, lue ensemble à table après le dîner, commentée en deux ou trois échanges — c'est déjà une pratique biblique de couple. Un psaume partagé à voix haute avant de dormir — c'est déjà une prière commune. Le secret est la régularité, pas l'intensité. Pour ceux qui n'ont pas l'habitude de lire, des ressources audio peuvent être une porte d'entrée : des émissions de radio catholique, des podcasts d'exégèse accessible, ou simplement écouter ensemble la lecture de l'Évangile du dimanche avant la messe. Ce qui aide aussi, c'est de lier la lecture à un événement de vie : la naissance d'un enfant, une épreuve traversée ensemble, la maladie d'un parent. Ces moments de fragilité créent naturellement un espace de questionnement spirituel où un texte biblique peut prendre une résonnance inattendue. Notre sélection de 7 livres sur la spiritualité du couple chrétien inclut des suggestions adaptées à différents profils de lecteurs — dont plusieurs livres qui se lisent facilement en couple, avec des questions de partage intégrées.
Cérémonie de mariage catholique dans une église, autel fleuri, lumière tamisée et recueillement des époux

Les livres qui aident à traverser les crises du couple chrétien

Marie-Laure Tessier : Quels livres recommandez-vous quand un couple traverse une crise sérieuse ?
Bernard Fouquet : Les crises conjugales ont des visages très différents — infidélité, burnout, perte d'un enfant, décalage de parcours spirituels, problèmes financiers, dépression... Je ne crois pas à un livre universel pour toutes les crises. Mais quelques livres reviennent régulièrement dans mon accompagnement. Guérir de Boris Cyrulnik — pas un auteur catholique mais un psychiatre et neurobiologiste juif dont la réflexion sur la résilience est profondément consonante avec la spiritualité chrétienne. La guérison des blessures du cœur de Christophe Fontineau est plus explicitement chrétien et très utile pour les blessures du passé qui rejaillissent dans le couple. Deux ou trois choses que j'aurais voulu te dire d'Anne-Claire Boucher est un livre de femme sur la vie conjugale réelle, avec une sensibilité spirituelle discrète mais réelle. Pour les crises les plus graves — infidélité notamment — les Équipes Notre-Dame ont développé des ressources spécifiques, et certains monastères proposent des retraites pour couples en crise. L'accompagnement humain — un prêtre, un thérapeute chrétien — reste cependant irremplaçable dans ces situations. Les livres aident, mais ils ne remplacent pas la présence.

Questions rapides sur les idées reçues du mariage catholique

« Le mariage catholique est un mariage à vie, sans possibilité de séparation. » — Nuancé. L'Église catholique enseigne l'indissolubilité du mariage sacramentel valide. Cependant, des procédures de nullité existent qui permettent de reconnaître qu'un mariage n'a pas été valide ab initio. Ce n'est pas un divorce, mais une reconnaissance que le sacrement ne s'est pas pleinement réalisé.

« La préparation au mariage ne sert à rien si on n'est pas pratiquant. » — Faux. Justement parce qu'elle n'exige pas la pratique comme préalable mais comme invitation. Beaucoup de couples peu pratiquants ressortent de la préparation avec un regard différent sur la foi et sur eux-mêmes.

« Les livres de spiritualité conjugale sont réservés aux couples très engagés. » — Faux. Les meilleurs livres sur le mariage chrétien — comme Pour la vie de Denis Sonet — sont écrits pour tous, pratiquants ou non, et ils parlent d'abord à l'humain avant de parler au croyant.

« Le mariage religieux est moins solide que le mariage civil. » — Faux, selon les statistiques disponibles. Les études sur la durée des unions montrent que les couples qui partagent une foi et des valeurs communes ont statistiquement moins de divorces. La dimension spirituelle est un facteur de cohésion.

Conclusion — Ce que quarante ans d'accompagnement lui ont appris

Bernard Fouquet résume en trois intuitions ce que ces décennies d'accompagnement lui ont enseigné sur le mariage chrétien :

1. Le mariage est un chemin de conversion continue. On ne finit pas de devenir époux ou épouse. Chaque étape de la vie — l'arrivée des enfants, la vieillesse des parents, les épreuves traversées ensemble — est une invitation à grandir dans l'amour et dans la foi. Le mariage n'est pas un accomplissement mais un pèlerinage.

2. La grâce passe par les petites choses. Le pardon donné au quotidien, le service rendu sans attendre de retour, la fidélité maintenue dans les moments de sécheresse intérieure — ce sont ces gestes ordinaires qui constituent la matière de la sainteté conjugale. Le mariage n'est pas une spiritualité extraordinaire ; c'est la spiritualité de l'ordinaire vécu avec foi.

3. Personne ne peut vous aimer comme Dieu vous aime. Et la grande tentation du couple, c'est d'attendre de l'autre ce que seul Dieu peut donner. Cette confusion tue les mariages. La foi permet de désencombrer la relation conjugale de cette attente impossible, et paradoxalement, cela libère un amour humain bien plus réel et plus durable.

Pour en savoir plus sur la préparation au mariage catholique et les ressources spirituelles disponibles, la paroisse de préparation au mariage dans l'Église catholique propose des accompagnements adaptés à différentes situations de couple. Les paroisses de Savoie offrent également des formations à la formation chrétienne pour les familles, en cohérence avec les valeurs de la transmission de la foi aux nouvelles générations.

Questions frequentes

Quel est le meilleur livre pour préparer son mariage à l'Église catholique ?

Le livre le plus recommandé par les accompagnateurs est Pour la vie — Le mariage chrétien de Denis Sonet (Éditions des Béatitudes). Clair, chaleureux et pratique, il aborde tous les piliers du mariage chrétien avec des questions de réflexion pour chaque chapitre. Pour une perspective plus théologique, Le Mystère de l'amour conjugal de Paul Évdokimov (Nouvelle Cité) offre une vision profonde du sacrement du mariage dans la tradition orthodoxe, que les catholiques lisent aussi avec beaucoup de profit.

La préparation au mariage à l'Église est-elle obligatoire ?

Dans l'Église catholique, une préparation est requise pour tous les couples souhaitant se marier à l'Église. Sa durée et son contenu varient selon les diocèses, mais elle comprend généralement plusieurs rencontres avec un prêtre ou un couple accompagnateur, parfois un week-end de préparation en groupe. Cette préparation n'est pas une condition de mérite mais une aide pour que le couple prenne conscience de la profondeur de l'engagement qu'il va assumer.

Que faire quand les fiancés ont des niveaux de foi très différents ?

C'est une situation très fréquente et normale. L'important est d'abord l'honnêteté de chacun sur sa propre foi — il ne sert à rien de feindre une conviction qu'on n'a pas. Ensuite, la préparation devient précieuse : elle permet au couple de nommer leurs différences, de les respecter, et de définir ensemble comment ils souhaitent vivre la dimension spirituelle de leur mariage. Beaucoup de couples ont connu un approfondissement de foi grâce précisément à la confrontation douce avec la foi de l'autre.

Quels livres recommandez-vous pour traverser une crise dans le couple chrétien ?

Pour les crises relationnelles, La guérison des blessures du cœur de Christophe Fontineau ou Les cinq langages de l'amour de Gary Chapman apportent des outils concrets et accessibles. Pour les crises plus profondes touchant à la foi, Je ne crois plus en toi de Guillaume d'Alençon ou les témoignages de couples reconstruits édités par les Équipes Notre-Dame sont des ressources précieuses. L'accompagnement spirituel ou la thérapie de couple chrétienne restent cependant irremplaçables dans les situations de véritable crise.

Le mariage mixte (catholique + orthodoxe) pose-t-il des difficultés particulières ?

Le mariage entre un catholique et un orthodoxe — appelé mariage mixte dans les textes canoniques — est canoniquement possible avec une dispense. Les deux traditions reconnaissent le mariage chrétien comme un sacrement, mais leurs pratiques liturgiques, leur calendrier liturgique et leur ecclésiologie diffèrent. Les difficultés pratiques concernent surtout la pratique eucharistique (les deux ne peuvent pas communier ensemble dans les deux Églises), la question du baptême des enfants et la pratique dominicale. Un accompagnateur expérimenté en mariages interconfessionnels est une aide précieuse.

Pour aller plus loin