Le Notre Père, prière enseignée par Jésus : origine biblique et sens du mot « notre »
Le Notre Père nous vient de deux sources évangéliques distinctes : le Sermon sur la montagne chez Matthieu (6, 9-13) et un enseignement plus intime chez Luc (11, 2-4), où Jésus répond à la demande pressante de ses disciples : « Apprends-nous à prier ». La formulation qu'il leur transmet n'est pas une prière parmi d'autres ; elle constitue le modèle même de toute prière chrétienne, fondé sur la révélation du mystère de Dieu.
Le premier mot, « Notre », mérite une attention particulière. Il ne s'agit pas d'une simple marque de politesse ni d'une désignation possessive individuelle. Ce pronom ouvre une rupture théologique décisive : Jésus invite ses disciples à partager sa propre relation filiale avec le Père. Avant lui, nul n'osait invoquer Dieu avec cette familiarité. Par ce « Notre », le croyant se reconnaît membre d'un corps, le Peuple de Dieu, et prie nécessairement avec et pour les autres. La prière devient ainsi intrinsèquement ecclésiale, même lorsqu'elle est murmurée dans la solitude d'une chambre. Le Catéchisme de l'Église catholique en fait « la prière par excellence », remise au baptême et réaffirmée à la confirmation, comme un bien confié pour être vécu en communion.
Dans la liturgie eucharistique, le Notre Père occupe une place singulière. Récité par l'assemblée tout entière debout, il précède immédiatement la fraction du pain et la communion. Cette position n'est pas arbitraire : elle manifeste l'unité des fidèles rassemblés avant qu'ils ne se nourrissent du même pain. On comprend alors pourquoi cette prière porte aussi le nom de « prière des enfants de Dieu ». Elle exprime notre participation réelle à la filiation divine du Christ, non par une adoption dégradée, mais par grâce véritable. Pour situer ce texte dans l'ensemble de la vie de prière catholique, on peut aussi consulter notre guide sur la liturgie des heures, qui retrace comment cette prière rythme aussi les offices monastiques.
Ce débat sur les mots ne réduit pas la prière à un exercice philologique. Il touche au sens même du texte grec original, où le verbe employé dans la sixième demande se traduit littéralement par « ne nous fais pas entrer dans l'épreuve ». Mgr Dominique Lebrun, dans son ouvrage La prière du Notre Père, recense les multiples traductions historiques de cette formule et montre comment chacune éclaire un aspect du mystère. La tentation, au sens biblique, désigne l'épreuve qui met à l'épreuve la fidélité ; elle n'est pas le péché lui-même, mais la situation où le croyant risque de faillir. La prière du Christ nous apprend ainsi à reconnaître notre fragilité et à la confesser humblement.

2017 : pourquoi la traduction liturgique du Notre Père a changé
Le 3 décembre 2017 marque une date singulière dans la vie liturgique de l'Église catholique en France. Ce dimanche de l'Avent inaugurait une modification de la traduction du Notre Père qui touchait directement la sixième demande de la prière. L'ancienne formule « ne nous soumets pas à la tentation » cédait la place à « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Ce changement, préparé par les évêques français et approuvé par le Saint-Siège, ne résultait pas d'une simple préférence stylistique. Il traduisait une préoccupation théologique ancienne : l'ancienne tournure pouvait laisser entendre, fût-ce de manière implicite, que Dieu lui-même serait l'auteur de la tentation, comme s'il soumettait l'homme à l'épreuve du mal.
La nouvelle traduction cherche à lever cette ambiguïté. Elle affirme avec plus de netteté que Dieu ne pousse personne au péché, et que la prière demande au contraire sa protection contre l'épreuve qui mène à la chute. Les évêques ont souligné que cette formulation correspondait mieux à la foi de l'Église : Dieu est le Père qui sauve, non celui qui expose ses enfants au danger pour les éprouver. La tentation, dans cette perspective, n'est pas un instrument pédagogique entre les mains divines, mais une réalité du monde déchu dont le chrétien demande d'être préservé.
L'enjeu exégétique sous-jacent mérite attention. Le texte grec original, présent dans les deux évangiles synoptiques, emploie le verbe eispherō dans une construction qui se traduit littéralement par « ne nous fais pas entrer dans l'épreuve » ou « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Le substantif peirasmos, souvent rendu par « tentation », recouvre en réalité une gamme de sens plus large : épreuve, test, assaut du mal. Les traducteurs anciens avaient opté pour « soumets », peut-être sous l'influence de la Vulgate latine et de ses héritages, mais cette option s'écartait du sens premier du grec.
- ancienne formule (avant 2017) : « Ne nous soumets pas à la tentation » ;
- nouvelle formule (depuis le 3 décembre 2017) : « Ne nous laisse pas entrer en tentation » ;
- justification des évêques : écarter toute idée que Dieu serait l'auteur de l'épreuve ;
- fondement exégétique : le grec eispherō évoque un mouvement d'entrée, pas une soumission passive.
Mgr Dominique Lebrun, dans son ouvrage La prière du Notre Père paru aux éditions Bayard, Cerf et Mame, a retracé avec précision les vicissitudes historiques de ces traductions. Il montre comment chaque époque a pesé les mots selon ses propres contraintes théologiques et liturgiques. Le débat de 2017 s'inscrit ainsi dans une longue chaîne de réceptions du texte biblique, où la fidélité à l'original et l'intelligibilité pour les croyants doivent sans cesse être réajustées. L'accueil réservé à cette nouvelle traduction a d'ailleurs été partagé : certains fidèles, habitués depuis l'enfance à une formulation séculaire, ont éprouvé une déconcertante étrangeté à prononcer des mots nouveaux dans une prière si intériorisée, tandis que d'autres ont salué une clarification doctrinale attendue.
Le Je vous salue Marie : structure, origine et place dans la prière catholique
L'origine du Je vous salue Marie plonge dans les deux premiers versets de l'Évangile de Luc, où l'ange Gabriel salue Marie à l'Annonciation : « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28). La suite de la prière emprunte les paroles d'Élisabeth lors de la Visitation : « Tu es bénie entre les femmes et le fruit de tes entrailles est béni » (Lc 1, 42). Cette double racine évangélique fonde l'authenticité scripturaire d'une prière que l'Église a progressivement enrichie et structurée au fil des siècles. Notre guide complet sur le rosaire catholique détaille comment cette prière rythme la méditation des mystères du chapelet.
La forme actuelle du Je vous salue Marie s'est constituée par étapes. La salutation angélique, d'abord priée isolément dès le haut Moyen Âge, fut associée au Nom de Jésus dans la dévotion médiévale. La seconde partie — « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort » — fut ajoutée vers le XVe siècle, fixant définitivement la prière dans sa configuration contemporaine. Le Catéchisme de l'Église catholique l'inscrit comme prière mariale par excellence, complément naturel du Notre Père dans la vie du chrétien.
Théologiquement, le Je vous salue Marie révèle la place unique de la Vierge dans l'économie du salut. L'expression « pleine de grâce » traduit le grec kecharitōmenē, participe parfait passif qui désigne un état accompli et durable : Marie demeure dans la plénitude de la grâce divine, préparée dès l'origine à sa mission de Mère du Sauveur. Ce n'est pas une prière d'adoration — réservée à Dieu seul — mais une supplication confiante adressée à celle que l'Église reconnaît comme « Mère de Dieu » et « Mère des croyants ». Notre comparatif de livres de prière aide à choisir l'édition la mieux adaptée pour approfondir chacune de ces quatre prières au quotidien.
La structure même du Je vous salue Marie reproduit une dynamique spirituelle essentielle. La première partie célèbre le mystère de Dieu agissant en Marie ; la seconde confie au Christ, à travers elle, la fragilité de notre condition pécheresse. Cette articulation fait du Je vous salue Marie une prière christocentrique déguisée : toute l'attention portée à Marie converge vers son Fils, « le fruit de ses entrailles ». Le Catéchisme de l'Église catholique, aux paragraphes 2676 à 2677, en offre la présentation magistérielle la plus aboutie, soulignant que Marie, par sa prière même, devient le modèle des fidèles dans l'accueil de la Parole.
Le Credo : professer sa foi avec les mots de l'Église
Le Credo, ou Symbole des Apôtres, constitue la réponse baptismale par excellence : celui qui s'engage dans la foi chrétienne professe ce qu'il croit avant de recevoir le baptême. Sa structure tripartite — Père, Fils, Esprit Saint — reflète l'économie même du salut, cette progression historique par laquelle Dieu se révèle progressivement à son peuple. Les premières formulations remontent aux rituels baptismaux du IIe siècle, particulièrement à Rome, où les interrogations trinitaires adressées au catéchumène constituaient déjà l'ossature de ce que nous récitons encore aujourd'hui. Pour situer le Credo parmi les grandes lectures théologiques, notre article sur 10 livres de théologie accessible propose plusieurs commentaires accessibles du symbole de la foi.
Contrairement à une prière spontanée, le Credo adopte la première personne du pluriel. Ce choix grammatical n'est pas anodin : professer la foi, c'est toujours le faire dans l'obéissance à une tradition reçue, au sein d'un corps ecclésial qui précède le fidèle et lui survivra. Saint Paul l'énonçait déjà : « Avec le cœur, on croit pour parvenir à la justice ; avec la bouche, on fait profession de foi pour parvenir au salut » (Rm 10, 10). Le Credo n'exprime donc pas une opinion personnelle, aussi sincère soit-elle, mais l'adhésion intellectuelle et volontaire à un contenu révélé que l'Église garde et transmet.
La réforme liturgique du concile Vatican II a restitué le Credo à sa place centrale dans la célébration dominicale, après l'homélie. Cette position n'est pas fortuite : après avoir entendu la Parole proclamée et expliquée, l'assemblée fait mémoire de ce qu'elle croit avant d'offrir la prière eucharistique. Le geste de se lever pour le réciter — tradition liturgique attestée dès les premiers siècles — signifie que la foi engage tout l'homme, corps et âme, dans une posture d'attention et de respect. Le Credo de Nicée-Constantinople, plus développé que le Symbole apostolique, fut précisément élaboré pour répondre aux hérésies christologiques du IVe siècle ; il demeure le texte normatif de la liturgie byzantine et romaine.
On comprend mal aujourd'hui la portée du verbe « croire » dans un monde où la conviction subjective prime sur l'adhésion objective. Le Credo catholique renverse cette perspective : le fidèle ne croit pas en quelque chose d'abstrait, mais en Dieu qui s'est révélé, et il le fait en s'unissant à l'Église qui porte cette révélation. Cette dimension communautaire explique pourquoi le Catéchisme de l'Église catholique le présente comme « le fondement de notre vie baptismale » (CEC 189). Professer le même Credo que ses frères dans la foi, dimanche après dimanche, constitue un exercice spirituel discret mais essentiel : il ancre dans une vérité qui dépasse chacun, protège de l'isolement religieux et relie à la communion des saints.

Le Gloire au Père : la plus courte des prières fondamentales
Le Gloire au Père, ou Gloria Patri, occupe une place singulière dans le répertoire des prières catholiques par l'extrême condensation de sa théologie. En quelques mots seulement — « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen » — cette doxologie enferme l'essentiel de la foi trinitaire. Sa brièveté n'a d'égale que son antiquité : les premières traces en remontent au IIe siècle, notamment dans la Didachè et les écrits des Pères apostoliques, ce qui en fait l'une des formulations les plus anciennes de l'Église primitive.
La structure de cette prière mérite attention. La première partie proclame la gloire commune aux trois Personnes divines, sur un mode distributif qui distingue sans séparer. La seconde partie, empruntée au langage biblique, affirme la permanence de cette gloire dans la durée et au-delà. Le « comme il était » constitue un ancrage christologique déterminant : il renvoie au Fils éternel, consubstantiel au Père avant toute création, tel que le proclame le symbole de Nicée-Constantinople. Ainsi, le Gloire au Père n'est pas une simple acclamation ; il est, liturgiquement parlant, une profession de foi trinitaire réduite à sa plus stricte expression.
Dans la liturgie des heures, cette doxologie clôt chaque psaume et chaque cantique, opérant une transition essentielle. Elle transforme la parole biblique, parfois traversée de plainte ou d'interrogation, en louange adressée au Dieu trinitaire. Les moines de la tradition bénédictine l'ont longtemps psalmodiée à de nombreuses reprises dans chaque office, rythmant ainsi la journée monastique d'une reconnaissance continue de la gloire divine. Pour en savoir plus sur cette pratique, notre guide sur la méditation chrétienne et la lectio divina montre comment ces doxologies s'inscrivent dans une prière méditative régulière.
Cette formule brève devient, par là, une anticipation eschatologique : elle exprime déjà ce que les saints accomplissent dans la vision béatifique, la louange parfaite du Dieu trinitaire. On consultera avec profit le Dictionnaire de liturgie et pastorale sacramentaire, publié sous la direction de Pierre-Marie Gy, qui retrace l'histoire textuelle du Gloria Patri depuis ses premières attestations patristiques jusqu'à sa fixation romaine. Ces ressources permettent de saisir comment cette prière, la plus courte parmi les fondamentales, condense pourtant l'horizon entier de la foi catholique.
Les quatre prières fondamentales en un coup d'œil
Ce tableau récapitule l'origine, la longueur et l'usage liturgique des quatre grandes prières que tout catholique apprend et récite tout au long de sa vie.
| Prière | Origine | Longueur | Usage liturgique principal |
|---|---|---|---|
| Notre Père | Enseignée par Jésus (Mt 6, 9-13 ; Lc 11, 2-4) | 7 demandes | Récitée par toute l'assemblée avant la communion |
| Je vous salue Marie | Lc 1, 28 et 1, 42 ; complétée au XVe siècle | 2 parties | Chapelet, prière mariale quotidienne |
| Credo | Rituels baptismaux du IIe siècle ; Nicée-Constantinople au IVe siècle | 12 articles (Symbole des Apôtres) | Messe dominicale, après l'homélie |
| Gloire au Père | Attestée dès le IIe siècle (Didachè) | 1 phrase | Conclusion des psaumes, liturgie des heures |
Comment prier ces textes au quotidien, seul ou en famille
Prier ces textes au quotidien suppose d'abord de les recevoir comme un patrimoine vivant plutôt que comme de simples formules à réciter. Le Notre Père, en particulier, gagne à être médité lentement, mot après mot, dans la tradition de la lectio divina. Chaque invocation peut devenir le support d'une méditation : le « Notre » renvoie à l'Église tout entière, le « Père » affirme une confiance filiale qui transforme l'existence. Cette approche lente contraste avec la récitation hâtive que l'on observe parfois en assemblée, où les mots coulent sans vraiment toucher l'intelligence ni le cœur. Un coin de prière aménagé à la maison aide à installer ce rythme régulier, seul ou en famille. Pour les fidèles qui cherchent un accompagnement plus régulier dans cette pratique, un accompagnement spirituel avec un prêtre permet souvent d'ajuster ce rythme de prière aux saisons de la vie.
La prière en famille trouve ici une structure naturelle. Le Notre Père, récité matin et soir, encadre la journée d'une même respiration spirituelle. Les parents peuvent l'enseigner aux enfants en explicitant chaque demande : pourquoi demander le pain quotidien, qu'est-ce que cette « tentation » que l'on redoute ensemble depuis le changement de traduction liturgique du 3 décembre 2017. Cette nouvelle formulation, « ne nous laisse pas entrer en tentation », se prête d'ailleurs à un échange : Dieu n'est pas celui qui soumet à l'épreuve, mais celui qui veille à notre passage à travers elle. Le Je vous salue Marie, lui, se répartit souvent entre les membres de la famille pour une dizaine de chapelet partagée, chacun assumant une dizaine selon son âge et sa capacité de concentration.
- le matin, un Notre Père pour ouvrir la journée dans la confiance filiale ;
- le soir, un Je vous salue Marie pour confier la nuit et les fragilités de la journée ;
- le dimanche, le Credo proclamé avec l'assemblée pour affermir la foi commune ;
- à toute heure, le Gloire au Père pour clore une prière ou une lecture biblique.
Seul, le fidèle dispose d'une liberté de rythme que la prière commune ne permet pas. Le Credo peut alors être médité article par article, presque comme un examen de conscience doctrinal. Le Gloire au Père, brièvement, ouvre et ferme les heures de la journée, marquant le temps liturgique personnel avant même l'engagement dans les Laudes ou les Vêpres pour ceux qui suivent l'office. Cette prière trinitaire, souvent négligée comme simple conclusion, contient pourtant toute l'économie du salut : gloire au Père créateur, au Fils rédempteur, au Saint-Esprit sanctificateur, dans l'unité d'un seul Dieu.
Quels livres et ouvrages de référence pour approfondir ces prières
Pour qui souhaite pénétrer davantage dans la théologie de ces prières, plusieurs ouvrages méritent une place dans sa bibliothèque spirituelle. Le Catéchisme de l'Église catholique demeure la référence la plus complète : ses paragraphes 2759 à 2865 offrent une lecture systématique du Notre Père, tandis que les articles 2676-2677 et 185-197 éclairent respectivement le Je vous salue Marie et le Credo. C'est le socle sur lequel toute lecture ultérieure devrait s'appuyer, avant de choisir une édition adaptée à un usage quotidien.
Mgr Dominique Lebrun, dans La prière du Notre Père, publié aux éditions Bayard, Cerf et Mame, offre un travail d'une autre nature, plus proche de l'histoire des traductions et des débats philologiques. L'auteur y recense les formulations successives de la sixième demande, éclairant par la même occasion la décision des évêques français de 2017. Son ouvrage permet de comprendre pourquoi « ne nous laisse pas entrer en tentation » a été préféré à « ne nous soumets pas à la tentation », en montrant que le grec original porte le sens d'une entrée dans l'épreuve plutôt que d'une soumission passive à une force extérieure.
Pour le Je vous salue Marie, plusieurs études retracent l'histoire complète de cette salutation qui tisse progressivement sa forme actuelle au fil des siècles : comment l'ange Gabriel, Élisabeth, puis l'Église tout entière se sont unis pour former cette prière en deux parties distinctes. Cette genèse historique, souvent méconnue, permet de comprendre que la piété mariale ne s'est pas construite en dehors de l'Écriture mais en son prolongement organique, sous la conduite du Magistère. Les écrits de saint Louis-Marie Grignion de Montfort demeurent également incontournables pour qui veut approfondir le sens du chapelet.
Le Credo, lui, trouve dans le commentaire du Catéchisme de l'Église catholique sa référence incontournable. Pour une approche plus développée, on pourra se tourner vers des introductions au Symbole des Apôtres qui replacent chaque affirmation dans le contexte des controverses qu'elle a suscitées, des hérésies antiques aux déformations contemporaines. Cette perspective historique s'avère précieuse pour comprendre que le Credo n'est pas une simple énumération de vérités abstraites mais une règle de foi façonnée par les combats spirituels et intellectuels des premiers siècles. Enfin, pour qui désire une vision d'ensemble de la prière liturgique, des ouvrages collectifs consacrés à la prière des chrétiens permettent de saisir comment le Gloire au Père, hérité des premières heures du matin des chrétiens, est devenu l'hymne d'ouverture de la messe romaine — une architecture de louange et de supplication que le chrétien est invité à habiter tout au long de sa vie.
Questions fréquentes
Questions frequentes
Pourquoi le Notre Père est-il considéré comme « la prière par excellence » de l'Église catholique ?
Le Notre Père occupe cette place unique parce que Jésus lui-même l'a enseignée à ses disciples, sur deux occasions rapportées par les Évangiles : dans le Sermon sur la montagne (Mt 6, 9-13) et en réponse à une demande explicite des apôtres (Lc 11, 2-4). Le Catéchisme de l'Église catholique la présente comme la prière fondamentale remise à chaque baptisé et confirmé. Ce n'est pas une formule parmi d'autres : c'est celle que le Fils unique adresse au Père, et qu'il nous fait entrer par grâce dans sa propre prière. D'où ce nom de « prière des enfants de Dieu » : le « notre » inaugural désigne une rupture avec toute religion du contrat ou de la crainte servile.
Que signifie exactement ce « notre » au début de la prière ?
Ce petit mot renverse la relation à Dieu. Il ne s'agit pas d'une possession individuelle, comme on dirait « ma maison » ou « mon bien ». Il désigne plutôt une communion : le fidèle prie en membre du Corps du Christ, inséré dans l'Église qui traverse les siècles et les frontières. La prière chrétienne est essentiellement communautaire, même lorsqu'elle se fait en silence derrière une porte close. En disant « notre », le croyant reconnaît que sa filiation divine dépend de celle du Christ, et qu'elle ne se vit jamais seule.
Pourquoi la traduction française du Notre Père a-t-elle changé le 3 décembre 2017 ?
La sixième demande, « Ne nous soumets pas à la tentation », a cédé la place à « Ne nous laisse pas entrer en tentation ». Les évêques français ont jugé que l'ancienne formule prêtait à confusion : elle pouvait laisser entendre que Dieu lui-même soumettrait l'homme à l'épreuve, comme s'il était l'auteur du mal ou de notre chute. La nouvelle traduction clarifie que Dieu ne pousse personne au péché, et que le croyant lui demande plutôt d'être préservé du moment où la fragilité humaine céderait.
Quel débat les exégètes mènent-ils sur le texte grec original de cette demande ?
Le verbe employé dans le texte grec, eispherō, se traduit littéralement par « faire entrer dans ». Les exégètes discutent donc du sens exact : faut-il comprendre « ne nous fais pas entrer dans l'épreuve », au sens d'une épreuve qui dépasserait nos forces, ou bien « ne nous soumets pas », comme le suggérait l'ancienne traduction ? Mgr Dominique Lebrun, dans son ouvrage La prière du Notre Père paru aux éditions Bayard-Cerf-Mame, recense ces traductions historiques et montre comment chaque époque a lu ce texte à la lumière de ses préoccupations théologiques. Le débat reste ouvert chez les spécialistes, même si la liturgie a tranché pour la clarté du peuple de Dieu.
Quelles sont les autres prières fondamentales du catholique, et que lire pour les approfondir ?
À côté du Notre Père, trois prières structurent la vie du croyant : le Je vous salue Marie, qui puise son origine dans l'Annonciation et les paroles d'Élisabeth ; le Credo, confession de la foi trinitaire et christologique réaffirmée à chaque baptême ; le Gloire au Père, doxologie qui scande les psaumes et conclut de nombreux moments de prière. Pour les comprendre en profondeur, le Catéchisme de l'Église catholique (articles 2759-2865 pour le Notre Père, 2676-2677 pour le Je vous salue Marie, 185-197 pour le Credo) reste la référence la plus sûre, à compléter par des commentaires patristiques ou des ouvrages de synthèse sur la prière chrétienne.
